Trail du Mourtis les Eterlous – 14km +500m

Sacrée première sur mes terres

J’expliquais peu avant que Ma-copine-Pauline et moi avions fait un marché, établi un contrat moral, que dis-je, un pacte d’engagement certain au trail du Mourtis version courte, et cela dès le mois de février. Nous avions pris à témoin mon homme, qui, goguenard, nous avait encouragées en nous prévenant que nous ne savions pas dans quoi nous nous lancions, et que, au mieux, nous ne finirions pas, au pire, nous nous ferions mal. De quoi attiser ma motivation, puisque, pas à un paradoxe près, je réussis généralement mieux quand on ne croit pas en moi. Nous en parlions un peu autour de nous, et rallions à notre cause Xavier, le copain de ma copine Pinou (ça vous fait une belle jambe), et Béber, le grand frère de Pauline.

Mourtis parcoursMourtis profil

Il me restait donc trois mois pour m’entraîner. Je laissais les frimas de l’hiver se tarir, et commençais donc la préparation… tout début avril. Je suis une procrastrinatrice de compèt’, et je ne travaille efficacement que dans l’urgence… Bon là, j’avoue que c’était un peu court connaissant mon niveau initial, mais j’ai gagné en endurance en un temps record. Je n’avais jamais passé la barre de l’heure de course, principalement parce que je n’en voyais pas l’intérêt. J’ai ainsi pu réaliser trois sorties longues de 1h30/1h45 en terrain vallonné, quelques séances de fractionné 30′ ‘/30’ ‘ en plus du renforcement musculaire habituel, à raison de trois séances par semaine. En un mois et demi. Autant dire que j’étais sûre d’en baver, mais pleines d’ondes positives.

Le jour de la course arriva, le samedi 16 mai, départ prévu à 10h au sommet de la station. Je termine une quinzaine de nuits de boulot le vendredi matin à 7h, et me lève le samedi à l’heure à laquelle je me suis couchée la veille. Un peu jetlaguée, j’avale mon petit-déj de compétitrice : banane, yaourt nature de la ferme de Prouzic (Comminges for ever), miel, céréales complètes avec un peu de lait, thé noir et son cloud of milk too. Je rejoins Pauline et Bertrand au péage de l’autoroute de St-Gaudens et nous partons en trombe direction Boutx, chantant « Bonne humeur » de la Chanson du Dimanche à fond les ballons.

Il ne faisait déjà pas très chaud à St-Gaudens, mais à Boutx, il doit faire 5°C et il bruine. Nous retrouvons Xavier. Mes compagnons d’effort me détestent, étant à l’origine du programme de ce samedi matin. Retrait des dossards et des maillots (d’un très joli violet, malgré la taille unique trop large pour les filles), café offert par l’organisation, et nous voilà sur le télésiège pour rejoindre la ligne de départ. La montée doit durer un petit quart d’heure, dans la brume et le froid glacial pour un mois de mai. Nous voyons à peine le télésiège qui précéde. Mes copains ne veulent déjà plus être mes copains.

Arrivés en haut, une question nous taraude : comment s’habiller ? Il fait vraiment frisquet, et nous allons partir pour 3.5km de descente. Je laisse ma polaire dans le sac étiqueté de mon numéro de dossard mais garde mes deux t-shirts, mon coupe-vent et mon K-way, et surtout mes gants ! Nous trottinons et sautons sur place pour nous dégourdir, le mot est faible. Nous n’arrivons pas à nous réchauffer, Pauline ne sent plus ses doigts, moi, mes orteils. Puis les organisateurs nous rassemblent, c’est dix heure moins deux ! C’est parti pour un peu moins de 14km de fraîches réjouissances !

Néophytes, nous partons en queue de peloton, Pauline dernière, et moi avant-dernière. Au moins, nous ne serons pas déçues. Les garçons tracent devant. Nous faisons un aller-retour de 400m jusqu’à un pylône, nous remontons quelques places. Je croise Frédo qui part dans les trente premiers et l’encourage, il revient de blessure. Nous amorçons la descente dans les prés et sautons quelques fossés. Je me sens bien, j’ai l’impression d’être un poulain au débourrage, plein de gaz ! Pauline aussi, dans un autre style : elle ne court pas en descente mais bondit avec les bras écartés. Je ne suis pas sérieuse, je rigole toute seule en pensant à une vidéo de lémurien sur le Net. Elle n’a pas l’air hyper à l’aise, alors que moi j’aurais tendance à partir tout schuss. Les lacets des baskets de Popo se défont l’un après l’autre. Je l’attends, nous ferons la course ensemble. Les coureurs que nous avons dépassés nous doublent à leur tour. Pas grave. Arrive une zone assez plate d’1km, nous sommes toujours dans le move. Nous sommes un peu surprises de « tomber » sur le ravito, que nous ne pensions pas si proche du départ. Je bois un coup. Nous nous sommes un peu réchauffées, et je tombe ma veste. Erreur de débutante : nous nous refaisons doubler copieusement. Pas grave.

Nous amorçons le gros morceau de la course et sa montée de 400m sur 2.5km depuis le Menté vers l’Escalette. Ça grimpe quand même assez raide et, pour moi, impossible de courir. Pauline est juste devant en lièvre, et j’ai des « serre-files » juste derrière moi qui me mettent la pression. Au moins je ne peux pas m’appesantir sur mon triste sort : je monte, doucement, mais je monte. Ils parlent d’un blessé et j’entends le prénom de Bertrand. Nous croisons les doigts pour que ce ne soit pas le frère de Popo. Je commence à avoir les mollets qui pèsent. Je boirai et me sucrerai en haut. Cette fois, c’est Pauline qui me fait la nique et me traîne. Je serre les dents.

Nous arrivons finalement sur le chemin autour de l’estive de l’Escalette, plus plat, mais assez escarpé. Je suis obligée de demander où nous nous trouvons à un bénévole. Je connais pourtant bien le coin, j’ai un peu honte, mais la brume en contre-bas m’empêche de me repérer. Je crois distinguer Eup, mais je ne mettrais pas ma main au feu (et pourtant, un bon feu de cheminée me ferait fait du bien !). Dommage pour Pauline qui n’est jamais venue, je l’assure que c’est très beau quand c’est dégagé… L’an prochain !

A ce moment-là, nous croyons être sorties d’affaire : nous rejoignons des coureurs devant nous, nous gardons leur rythme et le moral. C’est sans compter la deuxième descente dans les prés, rendue très boueuse par les concurrents précédents (et comme vous l’aurez compris, ils étaient nombreux !). Nous essayons de courir mais ça glisse vraiment beaucoup, et nous n’avons pas de bâtons pour assurer nos pas. Nous n’y voyons pas à 10m. Il y a de la neige, éparse. Heureusement les bénévoles sont postés à intervalles courts. Ils nous guident et nous encouragent : nous avons fait le plus dur (qu’ils disent !). Nous effectuons une sorte de fractionné à coup d’accélérations et de gros ralentissements. Nous rattrapons une concurrente d’à peu près notre âge qui a sorti les rames. Elle tombe plusieurs fois devant nous, sans se faire mal. Nous la doublons. Elle n’a pas l’air d’avoir bien choisi ses chaussures qui ressemblent à des routières sans crampon. Nous courons toutes les trois, tant bien que mal. Pauline chute une ou deux fois, pas de blessure non plus. Moi, avec mes Speedcross, je résiste ! A tel point que, les pieds ancrés au sol, je me plie en deux tel le roseau mais pas toujours dans le sens physiologique… Ça va piquer une fois à froid ! Nous perdons beaucoup de temps dans cette descente, mais nous rions aussi de nos acrobaties, entonnant plusieurs fois la « Bonne humeur », véritable hymne ce matin ! A tel point qu’un des bénévoles nous chambre un peu en nous rappelant qu’on est censées courir… « Au point où on en est !! »

La crête et sa sente s’étendent devant nous, le soleil est timide mais présent : nous allons enfin pouvoir gambader sans crainte ! Mais non ! Nous sommes derrière des concurrents moins en forme ou qui finissent en mode rando. Nous ne pouvons pas doubler, et marchons ou trottinons derrière eux. La plupart ne nous propose même pas de nous laisser passer. Tant pis, nous n’avons pas d’objectif sinon de nous faire plaisir, mais quand même, je suis un peu frustrée de ne pas pouvoir aller à mon rythme. Nous passons le dernier « check-point » en courant. Nous dépassons un couple que nous suivions depuis quelques minutes. J’ai mal aux pattes, je commence à tirer la langue. Il reste 1.5km de descente et faux-plats dans les sous-bois. Un monsieur V3 voire 4 tombe à quelques dizaines de mètres devant nous. Nous l’appelons, lui demandons s’il va bien. Il ne bouge pas, ne répond pas. Nous courons vers lui tout en l’appelant. Il se redresse sans mot dire. Nous le rejoignons, il se relève seul, en marmonnant. Soit il est sourd, soit il est vexé comme un pou. Je pencherais pour la deuxième option… Nous continuons notre descente. Pauline s’est refait la cerise et me tirera sur les pistes forestières jusqu’à la ligne d’arrivée.

Nous finissons toutes les deux en 2h24 environ, à la 230ème place sur 270 partants. Bertrand a lui fini en 1h47 (il a repris le sport 6 semaines avant, et perdu 8kg !) et Xavier en 2h (idem sans la perte de poids dont il n’a pas besoin). S’en suivent le demi et le sandwich d’après course en regardant l’arrivée du 35km. Sous le soleil…

En résumé, un parcours agréable que je referai sûrement l’an prochain plus affûtée. L’organisation a été à la hauteur avec des bénévoles qui ont dû se congeler au sommet mais qui sont restés très dynamiques et aimables. Un bon souvenir !

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