Trail des Citadelles 2016 – 22.5km +1050m

Premier semi à D+ !

Lors de ma convalescence sportive, j’ai pu fouiller de fond en comble le calendrier des trails en Midi-Pyrénées. Celui des Citadelles semble populaire, et son départ se fait à 1h10 de Toulouse. Trois distances au programme : un ultra, un marathon, et un format court « « découverte » » qui m’aguiche : le 22km +1100m.

A l’inscription en novembre, c’est mon premier objectif de 2016… et également première course de plus de 20km et plus de 1000m de grimpettes et descentes, tout juste un an après avoir repris la course à pied. Oui mais voilà, l’hiver apportera son lot de voyage, de (longue) pause sportive et de virus respiratoires enchaînés. Un week-end de froid rhino-pharyngique me fera même déclarer forfait pour le KV du Black Mountain Trail qui était censé préparer les Citadelles… Deux semaines avant Pâques, je n’ai toujours pas retrouvé mon allure de base en endurance et me fais un peu de souci ! Pauline ne semble pas dans un meilleur état et doit décliner l’invitation. Pourtant, les virus changeront finalement de cellules d’ânesse, et la douceur du printemps me donnera le coup de fouet suffisant pour participer à la fête.

Carte 20km 2014 2015 v1.5

Profil 20km 1.2

Pendant la semaine, je scrute la météo. Ce devrait être sec les jours avant, mais la nuit de samedi à dimanche sera pluvieuse. Juste de quoi entretenir le mythe… J’ai un peu couru dans la boue et sais que mon palpitant n’appréciera pas, je n’ai plus fait de dénivelé depuis décembre, je n’ai couru que deux sorties longues de deux heures, dont une pendant laquelle j’ai voulu faire varier l’allure et où j’ai explosé en plein vol. Mais dans le même temps, je suis curieusement sereine.

Changement d heure

Le 27 mars arrive enfin. Je pars seule à Lavelanet, mon tendre s’étant fait une vilaine entorse l’avant-veille. Je gagne le départ vers 8h30 (au moins quelque chose que j’aurai gagné !), il fait froid, sombre et il bruine : ouf ! l’honneur des Citadelles est sauf ! Je récupère mon dossard, enfile mon sac et le bandeau de l’orga (ayant oublié le mien, en fait caché sous une pile de fringues du tendre…), et rejoins Audrey et Fabien au gymnase. Dernier arrêt au stand WC, je croise mon ancienne collègue Emilie expatriée du côté de Luzenac depuis novembre. Juste le temps de faire un selfie avec les Limbréts, et il est 9h28. Nous nous postons comme à notre habitude parmi les derniers. Le départ est à l’image de l’orga : simple et efficace. Je m’attendais à quelque chose de plus grandiloquent du style Templiers avec Era à fond les ballons. C’est la « suite cathare » d’Yvan Arnaud qui retentit, un morceau « clavecin rock » : on est partis ! Enfin ! ce premier dossard 2016 est défloré !

IMG_2955 Citadelles limbrets

Nous trottinons tranquillement avec Audrey sur les 2-3 premiers kilomètres plats. Nous nous racontons nos derniers entraînements, la dynamique d’Aurigna’court à laquelle je ne peux pas participer, nos courses envisagées… Bref, nous sommes en mode tracteur, mais nous doublons quand même quelques personnes parties probablement trop vite.

Je rejoins finalement Emilie sur la première montée. Nous papotons également. Cela me permet de garder la vis un peu serrée afin de ne pas me cramer. Pas tout de suite. Je dégaine mes nouveaux bâtons, pris dans le sac davantage pour la stabilité que pour le D+. Ils ne resteront pas longtemps immaculés… Après cette première difficulté, nous traversons une mare de bouillasse sur 300 ou 400m : heureusement que c’est une édition sèche ! Après avoir galéré sur quelques mètres pour tenter de préserver mes Xodus (quasi-neuves elles aussi) en marchant comme un Dahu sur les bords de l’immense flaque, je décide d’y plonger droit dedans. Pas plus mal, même un peu plus stable ! Nous remontons et apercevons au loin le château de Montségur. Je fais la touriste et m’arrête pour prendre une photo. Emilie largue les amarres à ce moment-là : elle doit bien connaître le coin maintenant. Ça grimpe encore, mais je ne souffre pas malgré le peu d’entraînement « spécifique ». J’entends deux mecs derrière moi qui courent vraisemblablement une distance supérieure et qui parlent de leurs exploits passés et à venir : GRP 160, Mitic, Ultra des Côtes d’Armor, UTMB… « Allez allez, accélérez, va, vous m’énervez… »

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A l’orée du bois, nous arrivons en bas du mur de Montségur. Il y a plein de monde et l’ambiance est digne du Tour. Les coureurs des trois courses peuvent se croiser dans les escaliers glissants et étroits ! Or, c’est le moment de l’arrivée du gros du peloton du 22 km : nous. C’est le binz Messire ! Par respect pour les coureurs de niveau supérieur qui descendent ou me doublent, je me serre du mieux que je peux. Et puis au bout de quelques minutes, après avoir croisé quelques c*** du 70 excédés se croyant chez eux, ça me gonfle, le naturel revient au galop et je lâche qu’ « En montagne, normalement, ce sont ceux qui montent qui ont la priorité ! ». Mais, en trail, on ne doit pas suivre la même règle parce que ça n’y changera rien. Alors je me pousse encore, et tout le monde, grimpeurs et descendeurs, perd du temps à ce niveau… Même moi ! Bon, ce petit épisode « râlerie » n’entamera pas ma joie d’être là, et je garderai mon sourire jusqu’au bout. Si, si !

Du coup, j’arrive au sommet en plutôt bonne forme. Après avoir été badgée, je gravis les quelques marches de bois. J’aperçois Audrey qui finit sa montée. Je prends des photos, encore, et Emilie, qui entame la descente, me chambre. Ça va, ça va, je ne suis pas, plus à 5 minutes… Une dame me demande de la prendre en photo sous le porche d’entrée du château. Je ne suis pas à 7 minutes…… Yvan Arnaud est posté dans la cour et mitraille, de son réflex « grand angle », les coureurs, puis c’est au tour d’Hélène Dagues. Malheureusement, je ne suis pas photogénique, surtout après 1000 mètres de déniv’…

Citadelles 2016 Y. Arnaud

Je craignais la descente des escaliers, mais les bâtons, pour une fois, m’aident. Même si je n’en ai pas une utilisation optimale, ils me rendent plus confiante. Après les escaliers, je déroule bien, je double quelques coureurs et détends quelques muscles jambiers… Un monsieur peine : il s’est tordu la cheville. Je l’encourage comme je peux : je sais ce que c’est ! Mais la course est plus difficile que celle de Luchon. Après quelques centaines de mètres, nous arrivons au ravito. Je bois un verre d’eau plate, un verre de Coca et un verre d’eau gazeuse. Je n’ai pas envie de manger. Audrey me rejoint. Je demande à un bénévole de remplir ma flasque, il met un peu de temps à trouver de l’eau plate, je la remets en place, je règle un peu mieux les liens de mon sac, hésite à enlever ma veste car le soleil est de retour. Bilan : j’ai perdu Audrey, qui d’habitude profite davantage que moi des pauses aux ravitos. Tant pis, je continuerai seule !

Je débute donc la descente sur un sentier assez glissant, la terre est un peu argileuse. J’arme mes bâtons vers l’avant. Avec prudence, ça passe, mais je progresse assez lentement. Je me fais dépasser de temps en temps. Pas envie de me refaire une cheville, une fois suffit… Difficile de se relâcher ici ! Puis le sentier se fait « terreux meuble mais pas collant ». Je déroule un peu mieux, mais un jeune homme devant moi semblant courir plus vite tombe deux ou trois fois. Le rythme reste tout de même correct, je ne me vois pas le doubler dans la pente en dévers. En fin de descente, nous devons sauter un ruisseau. J’y plonge pour laver les chaussures. Le froid fait du bien aux petons ! C’est là que je me débarrasserai du jeune homme culbuto.

Débute alors une longue portion plane de 7km, que dis-je une loooooooooongue portion plaaaaaaaane, avec goudron en sus. Au bout de 3-4km, je déprime un peu. C’est quoi cette arnaque ? Mes mollets se durcissent. Je conserve mon rythme, mais je commence à en baver. Je me surprends même à marcher ! Une certaine « Carmen » me double, applaudie par les gens du coin. Une épingle maintenant mon dossard se détache et me mord la cuisse ! Bref, je suis dans le dur. « Heureusement », j’ai une dame blonde dans le viseur. Elle est loin devant moi mais je la sens moins bien. Je mange la moitié de ma barre, manière de penser à autre chose. Je n’ai pas faim. Je continue à boire suffisamment pour éviter la crampe. Nous longeons une rivière, j’y mettrai plusieurs fois les pieds dedans. Je m’éclate comme une gosse ! Juste avant la dernière courte descente de terre vers Lavelanet, je croquerai ma dame blonde. Objectif atteint ! Ça me remonte le moral deux minutes, et je repense au spectacle de Yohann Métay vu avec Pauline quelques jours auparavant.

J’atteins enfin Lavelanet : sa traversée sur la route est une horreur. Je double deux coureurs qui sont au même supplice dans un pré à vaches cette fois. Nous passons devant le cimetière. Après avoir débuté la course devant l’EHPAD : la boucle est bouclée… Évidemment, il reste le dernier raidillon, qui, s’il ne me surprend pas (je l’attendais), me laisse vidée. Un bénévole me demande « Ça va Mademoiselle ? ». Et j’entends ma fierté commingeoise lui répondre : « Hé ! Bien sûr que ça va ! » Ce qui n’est pas totalement faux : j’ai regardé ma montre, il reste quelques centaines de mètres et je suis d’ores et déjà semi-marathonienne ! Je me demande quand même comment les coureurs de tête ont fini si vite, et de quelle relance il faut faire preuve dans ces rues aux virages à angle droit ! Je descends la fameuse piste de l’arrivée sans utiliser la corde, je trottine même dans les marches menant à l’esplanade. J’entends Emilie m’encourager. Voilà, c’est fini. Premier T-shirt de finisher 2016 en main ! Je finis en 3h41 (j’avais espéré les 3h30, mais les derniers kilomètres de plat m’ont tuée), 66ème féminine sur 116.

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P.S. : un jour, un jour… j’écrirai mon compte-rendu de la VO2 max des Templiers de fin octobre 2015…

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3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Yvan ARNAUD dit :

    Salut
    Pour être exact, la musique passée au départ du Trail des Citadelles n’est pas la « 1244 – Suite Cathare », mais un morceau créé et enregistré spécialement pour les Citadelles en 2009. Pour ta défense, la Suite Cathare et le morceau des Citadelles contiennent tous les deux un thème issu d’une chanson que j’avais composée en 1988 et qui s’appelait…Montségur ! 😉

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    1. boutentrail dit :

      Aha ok, je crois que j’avais trouvé la Suite sur Youtube, j’étais persuadée que c’était le morceau du départ ! Merci pour les précisions !

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