Course des crêtes d’Espelette – 20km +800m

Prétexte pour escapade basque

Cela faisait deux ans que Pauline me bassinait avec les Crêtes d’Espelette. Elle s’était initiée à la course en montagne sur le parcours du 7km en 2014, avec son cousin Guillaume. A la même période l’an passé, nous courions à Luchon sur les sentiers de la Ravi’sente (paix à ma cheville droite). Cette course découverte nous semble une promenade de santé aujourd’hui, mais nous ne sommes pas encore assez aguerris pour nous frotter aux 45km de la Vénasque. Quoique, mon index droit compulsif peut à tout moment m’envoyer sur un chemin de croix… Bref, nous recherchions un compromis, et la course basque nous parut une évidence. Nous devions partir sur la distance phare mais Pauline a selon ses mots « manqué de confiance » après un début de saison retardé. Du coup nous nous inscrivons, elle, Guillaume et moi sur le 20km +/- 900m. Sur le papier, la course la plus facile de la saison. Tant mieux, je n’ai quasiment rien foutu depuis le trail du Cagire, à part un aller-retour divin au port de Vénasque le mardi avant Espelette, histoire de retrouver mes poumons.

Profil cretes esp

Nous partons à St-Jean de Luz le vendredi soir en fourgon avec mon Dou et ma concurrente directe : la moto routière de mon cher et tendre. Ils iront faire un tour dans les cols basques pendant que je m’échinerai droit dans la pente du Mondarrain. Chacun son sport ! Le samedi matin, gros brunch vers 11h, puis nous partons direction Espelette. Il fait gris, pas trop chaud. Le village est bondé mais nous trouvons vite une place dans une rue un peu en contre-bas grâce à un gentil bénévole. Des navettes véhiculent les coureurs vers le centre. Je troque mes tongs pour mes Xodus, épingle mon dossard reçu à domicile et rejoins l’arche Endurance shop. Nous assistons au départ du 26km : près de 1300 partants. Autant dire que seuls les premiers peuvent courir aisément, derrière, ça bouchonne ! Il en sera de même pour nous et nos mille et un concurrents. Nous retrouvons Pauline, Guillaume et Christelle alors que je suis dans l’interminable file d’attente aux toilettes. Laurent salue deux anciens collègues, et je reconnais deux anciens rugbymen de Montréjeau : c’est pété de Commingeois ici… Nous devons partir à 14h15, et l’attente est difficile à gérer. Nous manquons un peu de pression. Nous sommes obligés de faire monter la mayo : le dernier des trois Limbréts devra payer l’apéro aux autres.

Enfin, le lâcher de fauves…

Nous empruntons la route vallonnée. Je pars devant mes deux compères. J’essaie de doubler ici et là en vue du probable sentier-goulot d’étranglement que nous allons prendre… et qui n’arrive jamais. Ah ! La tête de course tourne là… Ah non, c’est encore sur du bitume…  Peu encline à briller sur ce terrain, je ralentis et cherche du regard Pauline et Guillaume. Ils me rejoignent à la naissance du premier chemin de terre, au bout de tout de même trois bons kilomètres. Nous marchons en discutant, puis Guillaume prend la poudre d’escampette. Pauline me dit : « Après tout ce qu’on s’est chambré cette semaine, je ne le laisse pas filer ! » Donc nous accélérons. La terre est assez humide, il y a de la boue ici et là, mais on sent du gravier sous-jacent qui empêche la glissade. Les gens hésitent à courir mais après les trois trails auxquels j’ai participé cette année, la boue et moi sommes devenues presque copines. La brume n’est pas trop basse et nous avons une assez jolie vue sur les vertes collines alentours. Nous rencontrons quelques pottoks, peu émus par cette horde fluorescente.

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Arrive la difficulté du parcours : l’accès au sommet du Mondarrain, 350m de dénivelé sur un kilomètre. Je ne souffre pas trop, mais glisse sur ce qu’il reste d’herbe. 50cm gagnés, 20 perdus à chaque pas ! J’essaie de monter en canard, peu de bénéfices. Finalement, j’appuie davantage sur les cuissots et cela semble la technique la plus efficace ! Comme quoi en restant simple… J’ai toujours Pauline dans le viseur, par contre je n’aperçois plus Guillaume. J’accède au pierrier final. Des gens sous leur parapluie sont venus nous encourager. Un coureur se plaint d’avoir chaud. « Nous on aurait plutôt froid ! » lui répondent-ils.  « Il faut venir avec nous alors… » leur lancé-je. « On l’a fait plusieurs fois ce que vous faites, et on ne s’est pas fait hélitreuiller ! » Bon, bon, tant pis, le Basque n’est pas taquin aujourd’hui. Au sommet, je suis trois ou quatre dames qui visiblement ne prendront pas de risque dans la descente. Je double tout ce petit monde pour tenter de retrouver Pauline qui « affuste ». Je me régale. Au onzième kilomètre, dernier coup de rein pour grimper une bosse entre 10 et 15% où j’essaie de trottiner le plus possible. Puis la descente, un peu monotone, assez éprouvante pour les articulations car le plus souvent sur terrain dur, où j’avoue mollir… Je propose à une cavalière de lui emprunter sa monture et de lui laisser à Espelette. Non ? Bon, tant pis, la Basque n’est pas taquine aujourd’hui.

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Je finis les cinq derniers actes avec une concurrente d’à peu près mon âge. Nous applaudissons les passagers des joelettes et leurs porteurs, rude mais magnifique épreuve que la leur ! Je retrouve mon « ami » le béton, allez, il reste donc environ trois bornes… L’arrivée au village est digne du Tour de France. Ma comparse craque au dernier raidillon. Je traverse l’arche après 2h40 d’effort, accompagnée d’une nuée de participants des différentes épreuves. J’apprendrai plus tard que je suis 698è place sur 1029, 134è féminine sur 294, et 74è sur 128 dans ma catégorie. Un temps presque dans la moyenne pour ce qui était pour moi une sortie longue en préparation du Tour du pic d’Arrens aux Gabizos à la fin du mois. Je finis pourtant bonne dernière Limbrét à 6’ de Pauline et 4’30’’ de Guillaume, qui s’est tordu la cheville dans la descente. Chose promise, chose due, c’est moi qui régale pour la bière d’après-course…

Coup de chapeau à l’organisation qui a su gérer de main de maître la foule de participants. A ce propos, c’est toujours convivial de participer à une course à forte participation, même si je râle toujours un peu de ne pas pouvoir dépasser, ou d’avoir des gens sur mes talons. Les ravitos étaient très nombreux, à intervalles réguliers. J’ai trouvé le parcours sympa… sitôt après avoir quitté le goudron ! 6km de route sur 20km, à mon sens c’est trop, mais l’orga ne se targue pas d’être une course nature. « Le sport d’accord, la fête d’abord ! » 33 ou 35€ le repas en sus d’une inscription entre 20 et 33 (oui oui !!!) m’ont paru prohibitifs. Nous avons pris le parti d’aller passer la soirée ailleurs, peut-être faudra-t-il revenir pour les agapes !

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Yvan dit :

    Jolie photo de haut de page ! 😉
    Blog agréable à lire.

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    1. boutentrail dit :

      Bonjour, c’est vous/toi qui l’as prise ? Je ne peux pas mettre de légende sur ces photos d’en-tête..

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