Trail du Pacte des Loups – 18.5km +1000m

Je savais depuis belle lurette que j’allais participer au trail organisé par le Vélo Club Lannemezan dans les Baronnies ce dimanche 25 septembre. Si près de la maison, ç’aurait été dommage de ne pas se déplacer ! En août, j’hésitais encore sur la distance : un 40km pour clore la saison ? Ou « seulement » le 20km pour préparer la Monna Lisa aux Templiers ? Finalement, Marie, traileuse normande, me propose d’échanger mon dossard aveyronnais contre le sien pour le Marathon des Causses. J’opte donc pour la deuxième option. Ce trail court vint donc de manière parfaite baliser ma préparation au marathon, en fin de quatrième semaine, juste quand mon plan me le suggérait. Je n’ai pas suivi de programme de la saison, et j’espère qu’il portera ses fruits.

Je me retrouve une nouvelle fois jet-laggée à cause de mon rythme pro. Je suis en week-end « repos de nuits » et me lève plus tôt ce dimanche que je ne me suis couchée le vendredi matin. Je suis encore dans un demi-sommeil lorsque j’arrive à proximité d’Esparros, si bien que je suis deux voitures se fourvoyant dans un pré sans issue. Demi-tour. Nous nous suivons et nous garons côte à côte, à Pimpous-les-oies du départ : il y a du monde. Nous nous chambrons un peu avec les autres conducteurs.

Il est tout de même 8h40. Je m’habille et vais retirer mon dossard ainsi que le bandeau estampillé « Trail du Pacte des Loups » l’accompagnant. L’attente aux toilettes me semble interminable (et encore, il n’y a pas de miroir à l’intérieur…!), puis je pars trottiner le long de la route. Je remarque des têtes connues mais pas envie de faire du social, je suis complètement dans ma bulle. Lorsque je me rapproche de l’arche, il y a déjà plein de coureurs amassés au départ. En même temps, il est 9h25… Je me positionne du coup à l’arrière du troupeau.

9h30, le départ est donné… Nous piétinons un peu sur quelques dizaines de mètres puis la foulée s’allonge. Enfin, me concernant, pas énormément, n’ayant quasiment jamais essayé de faire évoluer ma VMA. Cet hiver probably… Bref, ça joue un peu des coudes et je me fais doubler par les quelques coureurs qu’il y avait derrière moi. Nous montons progressivement puis quittons la route pour une voie forestière. Petit à petit, le chemin se rétrécit et la pente s’accentue. Nous sommes environ 420 partants « groupir » dans un goulot d’étranglement. Plusieurs coureurs sortent leurs bâtons. Déjà ?, m’interrogè-je. Malheureusement,  peu savent s’en servir ! Un monsieur juste devant moi, que je tente péniblement de doubler depuis quelques minutes, balance les bras comme s’il était tout seul sur une piste de ski de fond ! « Attention les chevilles ! » Une fois dépassé, je me trouve de nouveau derrière une dame qui, d’un mouvement ample, regarde l’heure, et manque de m’éborgner ! Malheur ! J’espère que je ne suis pas comme ça lorsque je tiens mes cannes ! Non seulement je ne peux pas doubler jusqu’au quatrième kilomètre sur un méga-bouchon-genre-fécalome, mais en plus on porte atteinte à mon intégrité et c’est à moi de faire attention ? A mon humble avis, au vu de l’engouement croissant pour l’épreuve, l’organisation devrait interdire le port de bâtons sur cette portion étroite (qui de toute façon, ne les nécessite pas). Je prends sur moi et ne râle qu’intérieurement. Si, si !

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On le sent bien, là, le désespoir de ne pas pouvoir doubler ? Photo Studio Roch

Lorsque le sentier s’élargit et s’aplanit, je me faufile et suis un petit groupe qui maintient une meilleure allure sur les sentes souples en sous-bois. Malheureusement, la dernière dame, elle aussi avec des bâtons, ralentit de plus en plus, mais ne comprend pas mes signaux pour la dépasser, pourtant très explicites : « Pardon à gauche ! » Du coup, au bout d’un moment, j’en viens à parler toute seule, à commenter sa tenue très similaire à la mienne (nous portons la même jupe et les mêmes chaussures !), mais c’est la traileuse derrière moi qui répond ! Enfin, elle s’arrête tout à fait, et je démarre en trombe. Compliquée cette affaire !

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Photo Christian Bonnet

Avant la seule difficulté du parcours, la montée de +350m environ, tombe à point nommé le premier ravito. Je bois un verre d’eau salée car c’est la seule chose qui me manque, et refais le plein des flasks. En levant la tête vers le sommet, qui vois-je ? Nicolas, un cavalier de mon tout premier club ! Nous papotons quelques centaines de mètres, puis je le dépasse lorsque nous rentrons dans le bois. Je suis une dame (sans bâtons !!) qui porte le même sac bleu que moi. Elle a un rythme à peine plus élevé que le mien. Je pose mes pieds dans ses empreintes et elle me tracte au-dehors, sans souffrir. Je trottine derrière elle sur une piste légèrement ascendante quand certains (avec bâtons !!) marchent quasiment à la même vitesse. Je me dis qu’il faut faire l’effort sur ces portions-là, j’ai maintenant assez d’endurance pour tenir 20km en courant.

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RiDE ! Photo Studio Roch

Un dernier sursaut du terrain m’oblige à poser les mains sur les cuissots, puis nous arrivons toutes deux au ravitaillement du sommet, au col de Oueil. Je remercie mon lièvre du jour, malheureusement je la perdrai après le ravito. Je fais remarquer aux bénévoles que je suis en possession d’un deuxième dossard n°244, trouvé peu avant sur les crêtes ! Il me faudra simplement le rendre en bas.

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Photo Christian Bonnet

Nous entamons donc la longue descente, un peu sur route mais surtout en sous-bois. Il y a quelques racines piégeuses ici et là mais pas de grande difficulté technique sur ces sentes de basse montagne. Je double allègrement… J’entends les cloches d’une église : « Mince, on a raté la messe… » Un coureur pouffe. Evidemment, je suis également ralentie par un monsieur sourd comme un pot derrière lequel je marcherai une vingtaine de secondes en criant que je désire le dépasser ! Vraiment compliquée cette affaire !!! Moins épique, je rencontre une dame assise sur un tronc en attente de secours : elle s’est tordue la cheville, entorse. Je lui demande si elle veut que je reste, elle refuse. Quelques centaines de mètres plus bas, je ramasse des emballages en plastique : cons de traileurs ! Au 17è kilomètre à ma montre, je commence à croiser des gens qui remontent en marchant pour aller encourager leurs comparses. Nous ne sommes pas loin de l’arrivée : « Allez, c’est bien, plus que 500m ! » Menteurs ! Certes le parcours ne dure pas réellement 20km, mais il reste un gros acte.

La dernière bosse sur la route du village me ferait presque tirer la langue, mais je termine à bon rythme, en 2h50, 61è femme sur 103. Officieusement, j’aurais aimé finir en 2h45, temps moyen estimé sur Softrun sur ce parcours assez roulant. Compte-tenu des bouchons, je suis proche de l’objectif, même si je suis un peu déçue. Surtout, je ne crois pas m’être mise dans le rouge mais avoir géré ma course, plutôt aboutie. Cette impression sera confirmée les 48h suivantes : aucune douleur, aucune contracture à déplorer. Pour me rassurer, je repense au (court) chemin parcouru depuis la fin 2015. L’an dernier, la distance symbolique des 20km était notre objectif majeur. A ce jour, c’est une sortie longue. Je progresse, lentement, mais je progresse !

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Le loup au sommet du Bassia sur le 36km, photo Christian Bonnet

#jeviensjecoursetjemenvais

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