Marathon des Causses – 36km + 1750m

Les Templiers, qu’en dire ? Un des gros rassemblements du trail français, des milliers de coureurs, des familles venant de toutes les régions (on y entend davantage l’accent du Nord que celui de Midi-Pyrénées !), une pompe à fric, oui mais… Mais j’y suis venue pour courir le VO2 Trail en 2015 après mon entorse, le parcours m’avait plu. Et c’est surtout l’occasion d’allonger la distance avec finalement peu de D+. Je devais prendre le départ de la Monna Lisa (27km), puis, la saison avançant, j’ai troqué mon dossard contre celui pour le marathon des Causses, 10km en sus.

2016 m’a appris qu’il me fallait bosser tous les secteurs de course si je ne voulais pas subir les épreuves de montagne. Je me tiens donc à un plan sur huit semaines incluant seuil, côtes, sorties longues et bien entendu, endurance fondamentale. Il est, comme précédemment résumé, jalonné par une course préparatoire de 18.5km +1000m à mi-préparation. Tout se déroule bien, même si on ne transforme pas un âne en cheval de course en deux mois… A la semaine 6, je me sens vraiment en pleine forme. Semaine 7 : rhinite/virus respiratoire qui me casse un peu. Semaine 8 : mon cher et tendre m’annonce qu’il ne m’accompagnera pas. J-3 : j’ai de moins bonnes sensations, je suis déçue d’y aller seule, sans soutien, j’ai peur de m’endormir au volant au retour. En outre, mon pyramidal droit fait des siennes, alors que je n’ai pas du tout forcé cette semaine. J-1 : je manque de sommeil suite à un  roulement de travail chaotique. Bon, mais quand faut y aller… !

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Quand tu te transformes en panneau publicitaire ambulant…

Samedi 22 octobre, jour J. Je me lève aux aurores pour arriver assez tôt afin de stationner près du « village » du trail. Grosse frayeur pendant le trajet : un voyant orange clignote et je « perds » le turbo dans une côte longue (telle conductrice, telle voiture !). Je suis obligée de m’arrêter sur le bas-côté pour redémarrer. J’arrive à Millau sans encombre, et me gare à 200m du départ. Je retire mon dossard et fais le tour du village des marques. Je collecte quelques prospectus des organisateurs de trails de France et de Navarre, puis reçois mes cadeaux : un débardeur, une casquette et un Buff (et d’autres paperasses).

Enfin, je vois la banderole « Trail Entre Elles », page Facebook et association de traileuses. L’ambiance est chaleureuse sur le groupe Facebook (j’ai même été invitée à dormir chez Myriam, traileuse aveyronnaise, pour ne pas à avoir à partir trop tôt le samedi matin !!), et je sais qu’il y a une quarantaine de filles qui courront sur les différentes épreuves des Templiers. Je m’approche et me présente : c’est moi Laure « V.R.D. » ! Karine, la présidente, et Brigitte, la secrétaire, me font la bise, elles me présentent aux autres. Les « non-coureuses » se posteront aux ravitos des différents parcours pour nous encourager. Un des seuls garçons présents joue du djembé. Bref, compagnie bon enfant qui permet aux aiguilles de l’horloge de tourner sans avoir à trop ruminer. J’adhère finalement à l’asso, même pas sous la contrainte 😉 Bon les filles il va dorénavant falloir venir me voir dans les Pyrénées, parce qu’il y a plein de belles courses !!!

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Photo de Brigitte. Faut que je prenne le bandeau !!!

11h, je retourne à la voiture me changer, j’engloutis ma banane, deux bouchons à la noix, m’hydrate. Zou, je repars assister au départ de la Monna Lisa que plusieurs « TEE » courent. 45min avant le départ, la motivation est de nouveau là ! Je me fais photographier sous l’arche du départ. Je la poste sur FB, l’envoie à mon Dou, à mon paternel pour recueillir quelques ondes positives puis range mon portable et referme ma bulle.

 

Je trottine 5’ manière et à 12h05, m’agglutine aux autres 900 coureurs et quelques dans le paddock de départ. Il fait frais (5°C) mais le soleil brille plein pot. Je porte T-shirt et manchettes. Le speaker nous fait faire des singeries auxquelles les « élites » ne participent pas. Puis « Ameno » retentit, et le décompte est lancé en « secondes antillaises » : 3… 2… 1…….. Go ! Evidemment, avec un millier de traileurs, et située au troisième tiers du peloton, je marche les 30 ou 40 premières secondes…

Deux kilomètres de plat où je trouve convenablement mon rythme. Il y a plein de monde sur les bas-côtés pour nous encourager. J’aperçois un jeune homme portant le bandeau du Pacte des Loups, il est Haut-Pyrénéen et nous avons tous deux couru le 20 km ! Nous prenons un chemin sur la droite qui commence à grimpouiller. J’alterne marche et course selon le degré de la pente : je ne vais pas me griller juste avant la première difficulté ! Elle arrive assez vite : la côte de Carbassas, que je connais depuis l’an dernier. Je monte régulièrement sur cette pente à 25% mais peu technique. Je roule vite mes manchettes aux poignets : en une demi-heure de montée, j’ai eu le temps de bien me réchauffer ! Je ne peux pas m’empêcher de siffler à deux-trois coureurs que les bâtons ne sont pas autorisés ici, portion empruntée par toutes les courses ou presque, mais certains s’en contre-fichent et les gardent ! Ne nous agaçons pas : « Qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand-père….. » Nous commençons à distinguer Millau d’en haut et la vue est sympa avec la lumière blanche. Pas un nuage.

J’arrive sur le premier plateau plutôt fraîche et parviens à relancer, à ma modeste allure. De toute façon, le peloton ne s’est pas encore étiré et nous courons tous en file indienne sur les sentes sous les pins. Le chemin s’élargit et nous empruntons les fameuses pistes forestières sablonneuses que j’ai tant détestées l’an passé ! Je me fais doubler ici et là mais je vais tranquillement à mon rythme. Je dépasse Jennifer, une « TEE », qui marche pour son « repas de midi ». Nous nous doublerons l’une l’autre pendant un bon bout de chemin.

Première descente : gros bouchon ! Nous restons 9’ à l’arrêt-buffet ! Certains pestent, une femme double quand même en jouant des coudes, mais nous sommes nombreux à juger cette pause inopinée salvatrice pour notre cardio ! J’en profite pour prendre des photos.

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Puis nous reprenons notre chemin, et je sors les bâtons car le terrain est glissant, plein de racines et certaines marches sont hautes. Je suis déstabilisée en accrochant mon bâton dans le buis et me retrouve les quatre fers en l’air ! Sans mal. Nous surplombons maintenant la vallée et apercevons plusieurs Causses. C’est magnifique, mais je ne m’arrête pas. J’ai trouvé un petit groupe de joyeux drilles qui mènent une bonne allure et « m’accroche » à eux. Malheureusement, à partir du 8è kilomètre, j’attrape une « mi-crampe intestinale / mi-point de côté » qui ne me lâchera qu’au 11è juste avant la descente. Au 15è kilomètre environ, premier point d’eau à La Cresse qui fait également office de barrière horaire (3h de course). Je l’atteins en 2h05, en 694è position. Je remplis mes bidons d’eau et sors un de mes bouchons à la noix que je déguste en marchant. Dommage qu’il n’y ait pas un ravito digne de ce nom ici…

Nous attaquons l’ascension sur le deuxième causse. C’est moins raide qu’à Carbassas mais plus technique. Je me sens bien, mes bâtons m’aident et j’aimerais davantage doubler, mais il y a encore du monde ! J’accède au sommet en 40’. Sur le deuxième plateau j’ai beaucoup plus de mal à relancer. Les mollets et la fesses droite commencent à tirer. Petit coup de moins bien ! J’ai la tête qui tourne un peu, je trouve le temps long sur ces pistes interminables. Je prends une compote. Je suis doublée de toute part mais, telle la tique, je m’accroche. Je parviens à la ferme des Privats, ravito au 25è kilomètre, un peu entamée. Je bois, je me « resucre » avec les gâteaux secs à disposition. Je repars en marchant mais ça descend gentiment en sous-bois donc je me remets à trottiner derrière une TEE que je n’ai pas vue ce matin. Un peu ragaillardie, je dévale la pente (ou presque).

Troisième causse, troisième montée, rocailleuse, sèche, avec un pourcentage jusqu’à 35%. Je progresse lentement, mais je double aussi, et l’homme étant un loup pour l’homme, ça me rassure. Le vent se lève et je retrousse mes manchettes. Le troisième plateau m’est assez calamiteux. Les pieds chauffent. Je marche à chaque sursaut du terrain, en m’aidant des bâtons pour avancer au plus vite. La marche sur les faux-plats me permet aussi de poser le talon et d’étirer un peu les fessiers, contractés à fond maintenant. Enfin, le Cade au 30è kilomètre. Je pointe 624è. Coca, Tuc, je me ravitaille de toute la junk-food que je trouve à portée de main ! Je suis un peu déçue, les TEE ne sont pas là comme promis. Je ne m’attarde pas.

Court coup de cul, puis nous plongeons littéralement dans la pente, hyper technique, glissante, caillouteuse, avec des portions entre 37 et 43% ! Je me penche le plus possible en avant et m’appuie sur mes bâtons. Je ne m’en sors pas si mal, les quadriceps résistent. Je suis même coachée par un coureur expérimenté derrière moi, qui ne souhaite pas doubler. Une jeune femme me laisse passer. Je la regarde en face pour la remercier. Bim ! Deuxième glissade sur les fesses ! Pas de bobo non plus. Nous arrivons en bas en petit groupe. Et nous remontons direct sur la dernière bosse. Deux coureurs arrêtés sur le côté nous demandent de les porter. « Vous n’avez pas pris votre mule ? » « Elle s’est échappée… » « Con de bête… » Le moral est bon, je vais finir en moins de temps que prévu.

C’est sans compter la session d’escalade à laquelle nous allons nous livrer dans la caillasse ! Heureusement, la vue est superbe… derrière nous ! Je suis bien contente d’avoir pris mes bâtons qui me stabilisent dans cet escalier très abrupt. Je manque de partir à la renverse et me retiens grâce à eux. Sueurs froides… J’aurais entraîné tout le groupe derrière moi… Petit pas après petit pas, je sors la tête de l’eau. Nous suivons une corniche à flanc de falaise, le passage est aérien. Nous sommes tous satisfaits de passer ici de jour ! Puis, nous l’attendions : la dernière descente. L’argile humide ne me pardonne rien et je sens que les pneus sont un peu trop lisses. Je laisse passer les quelques coureurs avec lesquels je suis montée. De biais, de face, aucune solution ne me convient… Je m’accroche, mais cette fois, aux branches… Je perds un peu de temps et envie « mon » groupe qui progresse mieux. Puis nous rejoignons le parcours de la VO2 et là, je sens le retour à l’écurie ! J’essaie de dérouler le mieux possible. Nous sommes accueillis comme des rois à l’arrivée en escargot. Je serre les poings : trop bon !

Je passe cette mythique arche  des Templiers en levant les bras après 6h10 d’effort à la 601ème place sur 885 arrivants (-80 places depuis le premier check-point), 117è féminine sur 219 arrivantes. Je me fixe rarement un objectif de temps, mais je voulais arriver avant la nuit, vers 19h, et il est 18h25 lorsque je bippe pour la dernière fois. Je suis donc satisfaite de ma gestion de course. Il me faudra bien sûr travailler ma vitesse sur le plat cet hiver, mais aujourd’hui, ce ne sont pas les montées et les descentes qui m’ont embêtée, bien au contraire ! Je sais que les courses prévues en 2017 seront plus engagées et autrement plus rudes, mais je pense qu’un cap est franchi et que cette course est de bon augure, porteuse.

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Si ça brille ! Mais qu’elle est belle !
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