Bagnères Classic Trail – 25km +1500m

La saison 2017 a démarré sur les chapeaux de roue concernant la course à pied. Enfin, je constate cela en comparant mes statistiques. En effet, je suis arrivée sous-entraînée (voire avec quelques microgrammes d’alcoolémie) sur presque toutes mes courses l’an passé ! Mais avec 600km courus et 14600m grimpés (+160km de moulinage en vélo) sur quatre mois cette année (certains riront, pour moi cette assiduité est toute nouvelle !), contre 350km +3700m au premier quadrimestre 2016, je me dis logiquement que les efforts vont bien payer un jour. Mais si « plus t’en fais, mieux c’est » était un adage en trail, ça se saurait.

Le week-end du 1er mai commence bien : Nicolas Facchin et Safia-Lise Saïghi proposent une sortie au Gar sous les couleurs de Chullanka Toulouse le samedi matin. Oui j’ai une course prévue lundi, et alors ? Bien sûr que j’y vais ! Sauf que les 10 petits kilomètres et les 800 petits mètres montés laissent des traces. La fibre a bien été cassée ! Le dimanche, je suis un peu courbaturée, raide. Un peu de stretching passif, une bonne hydratation, et il ne reste plus qu’à prier (ce qui n’est pas vraiment dans mes habitudes). En parallèle, je reste tachycarde, et je traîne depuis quelques jours une brave dette en sommeil un peu épongée dans la nuit de samedi à dimanche. Je pourrais peut-être faire un détour par Lourdes en fait ?

Lundi matin, 7h45, Bagnères-de-Bigorre. Je suis assez détendue. Je vois la course comme une sortie longue tonique : je viens continuer à engranger des kilomètres et du D+ en ce début de préparation pour le Marató dels Cims. Officieusement, je vais également essayer d’améliorer mon temps de 2016 : 4h26 (on ne rit pas j’ai dit !). Je récupère mon dossard au musée Salies et pars m’échauffer dans la côte du départ. Aïe, ça va être compliqué, je suis déjà essoufflée au bout de 3′. Je croise Pipo. « Alors la forme ? » « Boh… » Le speaker nous demande de nous rassembler auprès de l’arche. Je me place derrière comme à mon habitude. Je croise quelques visages connus, commingeois et bigourdans.

8h27 : top à la vachette ! Nous nous élançons sur les quelques mètres de plat avant de bifurquer à droite direction les coteaux bagnérais. J’aurais aimé être catapultée directement au sommet. Je peine dans les 500 premiers mètres, je souffle comme un bœuf et mes mollets sont faits de pierre. La mort dans l’âme, je me résous à marcher dans cette montée qui m’est normalement accessible en trottinant. Je me retrouve parmi les dix derniers coureurs dans les sous-bois. Je ne peux pas accélérer, je suis limitée physiquement. Pas grave, diesel que je suis, je prendrai mon envol dans la partie roulante du 2è au 4è km. Mais que nenni ! Je fais figure d’éléphanteau dans la première pente peu technique ! Impossible de garder un tant soit peu de rebond ! Je serre les dents. Je salue la Vierge du Bédat, mais surtout les bénévoles qui nous y attendent. Nous amorçons la courte descente technique où je dépasse quelques coureurs. Je retrouve de meilleures sensations pour quelques brefs instants, jusqu’au ravitaillement de la Croix de Manse au 5è km. Je bois un coup d’eau gazeuse quand je suis apostrophée par @leodvs26 qui a choisi le TMB pour son premier trail ! Énorme, Internet est quand même incroyable ! Je ne suis pas fraîche du tout. Je commence à me demander dans quel état de délabrement je vais finir ce parcours, et si je vais le terminer tout court.

ravito bagneres
Photo site du SBA

Nous enchaînons par la régulière mais longue montée au Tucou. Je dégaine mes bâtons, peu convaincue. Je suis dépassée par les concurrents doublés dans la descente. Bon… De jeunes bénévoles nous encouragent en nous appelant par nos prénoms : chouette attention ! Nous descendons légèrement par une piste bien boueuse où je m’efforce de courir en suivant un petit groupe. Nous terminons la première grosse ascension par le dernier coup de cul au Monné, point culminant du parcours, où nous trouvons comme l’an passé l’or blanc. Heureusement, la sente a été déneigée par le peloton. Je vois une partie des coureurs redescendre, je me dis qu’en fait nous n’avons pas trop de retard. Ça grimpe bien, c’est plutôt technique et il faut faire attention où l’on met les petons ! En réalité, ma mémoire me fait défaut : la boucle est tout de même longue de 2km et je la parcours en 35’… Je ne peux pas dire que je souffre mais je n’ai pas de jus. Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est que je ne m’amuse pas du tout. Même pas une débilité à sortir aux autres concurrents, rien, c’est dire !

pic du midi bagneres
Photo SBA. Le 1er mai 2017, il y avait un peu plus de neige et on ne voyait pas le Pic !

Nous descendons ensuite par un chemin à flan de colline très glissant où je m’étais régalée en 2016. Ce n’est pas le cas en 2017, mais cette année, je ne chute pas ! Puis je « dévale » seule la longue et un peu monotone piste forestière coulant vers Beaudéan. Mon petit cœur bat toujours la chamade. Je me souviens que l’an passé j’avais chanté en boucle des chansons pyrénéennes dans une sensation de totale extase. Pas la même aujourd’hui…

Je rejoins le ravito au village où l’ambiance est sympathique. Les bénévoles apprennent l’arrivée de Baptiste Cazaux. Je me repose quelques minutes en discutant, je connais la difficulté qui va suivre : c’est maintenant que ça va piquer… Je repars derrière un jeune d’à peu près mon âge. Moins lucide, je le suis bêtement sans regarder où nous allons… Et nous sommes en train de revenir au ravito… Demi-tour pour enfin prendre le bon chemin. Nous sommes rejoints par une grappe de coureurs que je pensais avoir distancée. Tant pis ! Nous remontons sous les arbres, puis nous revoyons le ciel : nous sommes sur la pente du petit Monné, +500m sur 2km ! Je passe la première vitesse et me cale dans la roue d’une jeune femme en mode tracteur. Nous nous sommes souvent dépassées l’une l’autre durant la course et, même si je pense avoir les ressources pour la doubler dans la côte, je n’en vois plus l’intérêt. Je mettrai donc près de 48′ pour atteindre le sommet depuis la sortie de Beaudéan ! Seulement 5′ de moins que l’an dernier, mais cette fois sans m’arrêter et avec l’impression de pouvoir aller plus vite. Ouf, un point positif ! En haut, je mange un bout de pâte de fruits en imitant mes compagnons de galère. Je ne tarde pas car il fait frisquet.

grimpe petit monné
Photo SBA

Je monte la dernière bosse qui à mon avis est juste là pour nous écœurer ! Puis c’est la descente vers Bagnères. Les portions caillouteuses éveillent mon attention. Mes quadriceps résistent bien, je continue à faire de petits pas. Je me tords pourtant la cheville droite, sans douleur avant d’entamer la portion roulante et bossue dans les prés. Celle-ci finira de m’achever. Je passe devant le grand bâtiment que j’avais pris pour une chapelle l’an dernier : je ne sais pas comment j’ai pu penser à une chapelle !!! Enfin la piste forestière à pente douce m’entraînera vers l’arrivée où je parviens à remettre du rythme quelques centaines de mètres avant la ligne. Je mets 5′ de moins entre le sommet du petit Monné et l’arche qu’en 2016, mais le ressenti est totalement différent ! Je me sens occise et je manque de jeter mes bâtons de dépit !

Je lève la tête et vois une tête connue : c’est Caroline, une Montpelliéraine rencontrée au Maroc ! Improbable ! Nous refaisons la course quelques minutes puis je rejoins le buffet : j’ai soif et faim ! En effet, je me rends compte que j’ai très mal géré mon alimentation et mon hydratation durant la course. Je rentre à la maison 2h après la course en baillant et en ayant la tête qui tourne, sûrement en petite hypoglycémie !

👎

  • Aucun plaisir ou presque ! Et vraiment c’est ce qui m’attriste le plus !
  • Pas plus la gnaque que ça pour doubler, je me suis laissée porter
  • Fatigue physique presque anormale, tachycardie et essoufflement ++
  • Prises alimentaires mal anticipées

Erreurs : manque de sommeil, entraînement à la carte en avril avec peu de séances « rapides », mini-rando-course 48h avant (que je ne regrette pas 😁)

👍

  • Je finis en 4h05, 21′ de moins qu’en 2016 avec quasi les mêmes conditions climatiques et de terrain (Sandrine Prissé #1 n’améliore pas son chrono, elle 😜). Objectif atteint.
  • Comme m’a justement fait remarquer Pauline C., j’ai au moins fait travaillé le mental, car comme je l’ai écrit plus haut, j’ai à un moment donné douté de pouvoir et d’avoir envie de finir !
  • Meilleure résistance dans les montées longues, meilleure technique en descente

La course en elle-même est toujours chouette et mérite de devenir (ou de rester) un classique, les bénévoles toujours avenants et la dotation sympa avec un très bon pâté et une bonne bière !! #NormalRunner #Iwillbeback

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