Trail des Olympiades Aurignac – 10km +340m

Photo Normal Runner

Après le Marató, mon été sportif fut un peu mollasson… Mises à part quelques sorties divines en montagne au-dessus de 3000m, seule ou avec les copains, je ne me suis pas trop foulée. Enfin si, j’ai été secouée à l’insu de mon plein gré. Une belle chute sur une dalle lisse en descendant du Montcalm début août m’a valu quelques frayeurs et quelques hématomes bien placés (juste à l’épaule et à la hanche, ne vous emballez pas les tordus). Une douleur aux métatarses subsistait également depuis les -2200m dévalés le plus rapidement possible, à la lutte contre la brume qui, elle, montait à vitesse grand V (et vu la mienne, c’est elle qui a gagné haut la main, me plongeant dans le coton pendant quelques heures…). Après radio, rien d’inquiétant, pas de fracture, mais un entraînement du coup allégé compte-tenu de la gêne. Puis un petit accident sur les routes corses nous a mâchés mon Dou et moi. Bref, je ne repris le chemin des chemins que fin août, toujours sur le rythme insulaire.

Pourtant, j’ai pour idée cet automne/hiver de décalaminer le moteur et de tenter de gagner le zeste de vitesse qui me fait toujours défaut. Je me tourne vers des courses courtes, roulantes et plus rythmées, c’est-à-dire loin des pics chéris. J’ai déjà fait mention sur ce blog de mon désintérêt pour ce type d’épreuves. Pour moi il n’y a rien de bandant à courir comme un lapin en forêt. Je n’ai ni débuté par des 10km route ni par des courses « nature » à faible dénivelé, tout simplement parce que je préfère les sensations procurées par mes crapahutages montagnards. Oui mais !, mon petit cœur se diésélise lentement mais sûrement, et en altitude aussi je trouve des crêtes, des pistes forestières roulantes où je me fais régulièrement croquer parce que je ne parviens pas à relancer. Alors deux ans et demi après mes débuts au Mourtis, me voilà de retour sur la case départ, prête à muscler mon jeu.

Xavier mentionne le trail des Olympiades d’Aurignac auquel il compte participer le dimanche 17 septembre. Pauline répond « Why not. ». Bref, je serai la seule à m’inscrire, après deux semaines d’entraînement intensif (⇒ « Tu surjoues Roberto ! »). J’hésite entre le semi et le 10km, mais si je veux aller au bout de ma démarche, je dois prendre le risque de la version courte (et sensément plus tonique). Seulement voilà, mental de poulpe j’ai, j’invite Popo au resto la veille au soir pour clore l’acte II de son défi. Et même si l’Er Occitan est le meilleur resto de tout l’univers arano-commingeois, ses trois mises en bouche, son menu entrée/plat/dessert et ses mignardises restent très (trop) copieux (sans même mentionner sa sangria et son tinto). Ajoutés à cela une nouvelle nuit de 2h et le chaussage de mes nouvelles Inov-8 à la semelle pas encore tout à fait domptée sur sentier, cette course sans prétention fait figure de challenge. To put it in a nutshell, à 7h quand je me lève, je suis toujours sur la digestion, je suis tachycarde et j’ai des cernes jusqu’au menton. Mais maso et pingre que je suis (j’ai payé mon inscription sur Internet), j’y vais quand même.

aurignac
Profil du site Internet Terres d’Aurignac

Chez les féminines, les précédentes éditions se sont gagnées entre 47′ et 1h. Avec un peu plus de 300m de D+/-, je me dis que ce serait chouette de le terminer sans trop dépasser l’heure de jeu. Mais vues les forces en présence, je me ravise : ce serait juste bien de le terminer sans vomir. Il fait frais mais après un très court échauffement, je tombe la veste. Les coureurs du 10 et du 21km partent ensemble à 9h15, c’est curieux, tout le monde porte la même couleur de dossard, on ne sait pas trop où se trouvent les têtes de course et les pelotons respectifs.

Je démarre à une allure de 5’/km que je commence à apprécier, surtout en ce début de parcours légèrement descendant, mais on remonte rapidement sur la route du bourg. Comme prévu, le voyant « réacteur d’usine ukrainienne des années 80 » vire au rouge et je tachypnéise grave (comprend qui peut !). Première descente, une sente herbeuse en léger dévers. Beaucoup marchent : WTF ? Une fois dépassés, les gens me redoublent très vite sur les parties planes… A croire qu’on ne fait pas partie de la même espèce de coureurs ! On grimpe ensuite gentiment, je tiens l’allure course puis cède et marche mains sur les cuisses dans un court raidillon. Je parviens à relancer en mode insuffisante respiratoire chronique. On déroule ensuite jusqu’au 5è kilomètre, endroit du ravito et de séparation des deux parcours. Je ne m’arrête pas : grossièrrrrr errrrreuurrr !! Étonnamment, je ne suis pas à l’aise dans la pente : je creuse les reins et ai des difficultés à engager les épaules. C’est déjà la mi-course et je commence à peine à m’adapter au rythme et aux relances rapprochées. On regrimpe justement dans les bois. Je mollis par deux fois mais parviens à me ressaisir. Dans une pente douce au 7è kilomètre, je suis talonnée par un jeune homme qui me demande depuis combien de temps nous courons. Premier contact humain ! « 41′. » « Du coup on peut terminer en 1h ! » Ah oui tiens, je ne connais pas le reste du profil mais ce serait intéressant maintenant que mon estomac semble décidé à garder son contenu. J’essaie de conserver le plus de cadence possible sur les pistes peu techniques. J’entends du bruit derrière moi. C’est une concurrente qui me reprend sur le plat. Je la pourchasse dans les deux dernières côtes. Malheureusement, je n’arriverai pas à la suivre sur les derniers hectomètres de la route vers l’arrivée et la laisserai passer devant en la félicitant.

Je finis en 1h03, 35è/51 au général, 7è féminine/17 et 6è sénior/14, à 10′ de la gagnante. J’ai manqué de vitesse bien sûr, de souffle mais aussi de fraîcheur et de décontraction, notamment en descente qui est plutôt un point fort d’habitude. Ne pas m’arrêter au ravito était une nouvelle fois une grossièrrrre errrrrreurrrr ! Ça m’aurait sûrement permis de mieux finir. La cadence de course reste correcte à plus de 172ppm mais peut se parfaire sur ces terrains peu techniques. Par contre aucun souci au niveau musculaire, bon, avec 340m de dénivelé… A deux semaines de la reprise tranquille, je ne peux pas me plaindre. Au niveau plaisir, il n’y en a pas eu beaucoup sur cette première course aussi courte et aussi plane, ce n’est vraiment pas mon terrain de prédilection, mais il paraît qu’il faut savoir sortir de sa zone de confort…

P.S.: C’est vraiment une chose dingue à mes yeux d’arranger son temps, son classement, même de quelques minutes, d’une ou deux places. Posez-vous la bonne question : vous courez pour vous ou pour épater la galerie ? Si j’étais aussi peu rigoureuse au boulot, il y aurait une recrudescence de décès !!!

Edit : dans mon agacement, j’en ai oublié de remercier les bénévoles pour leur sourire et leur amabilité. Une orga très simple mais efficace !

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