Trail nocturne des rois – 15.5km +400m

Lorsque je m’inscris à cette nouvelle édition du Trail des rois en ce début janvier, je commence à peine à augmenter mon volume d’entraînement, tant sur le plan du kilométrage que du dénivelé, après avoir pris du volume tout court pendant les fêtes. Mais avec peu d’intensité : je suis une femme, je peux faire plusieurs choses mais pas toutes en même temps ! Je renoue avec mes primes amours en compétition : le sous-entraînement ! Je vois donc ce trail plat (annoncé initialement en 14km D+ 240m) comme une occasion de travailler mon temps de soutien au seuil, et de faire une première sortie sur chemin avec ma frontale Stoots. L’organisation des Groulos longagnos est contrainte de modifier le tracé en l’allongeant de 1,5km. Qu’à cela ne tienne ! 14 ou 15,5km, je sais que je vais en baver.

 

 

Je ne connais pas le terrain mais suppose qu’il y aura quelques kilomètres de bitume pour sortir de Villemur, et forcément de la boue autour. Je choisis mes Inov8 Trail Talon 250, petits crampons mais qui débourrent bien, dynamiques sur le dur. Je ne me serai pas trop trompée. En effet, Marc Boyer, le président de l’association, nous briefe juste avant le départ : c’est très « humide » puisque la pluie et le Tarn tumultueux ont copieusement arrosé le parcours !

Je me place involontairement dans le premier quart du peloton et me laisse porter par le flot de coureurs. Nous entrons dans le stade pour un tour de piste au son d’Ameno d’Era, petit clin d’œil aux Templiers. Je suis débordée par plus rapide, mais tiens un rythme soutenu pour la mauvaise coureuse que je suis. Je modérerai mon tempo peu après, au premier escalier grimpant aux remparts de la ville où nous sommes sadiquement filmés dans l’effort par Rémi Jégard.

Villemur escaliers
Photo Rémi Jégard

Nous quittons enfin le bitume pour prendre un escalier de terre et rondins de bois bien pentu. Puis nous sommes effectivement accueillis par une copieuse glaise dans la forêt. Les dérapages sont globalement contrôlés mais je manque d’appui, notamment en montée où les efforts pour courir me semblent vains. J’essaie de repérer quelques touffes d’herbe pour y poser le pied, mais elles sont vraiment rares après le passage du troupeau ! Finalement, les petits raidillons me permettent de récupérer en marche active. Je passe à côté d’une tente où retentit « Highway to Hell » d’AC/DC, index et auriculaires évidemment dressés !

Une longue bosse nous mènera à l’unique ravito, où je serai bousculée par un coureur repartant en trombe. « Ça va, on n’est pas au championnat du monde non plus ! » « Oh, pour certains si… » me répondra un monsieur flegmatique. Après un verre de Coca et un verre de jus d’orange, je retourne au mastic sur le chemin entre les champs. L’allure reste correcte mais la respiration est rendue difficile par le froid de la nuit hivernale. Je déroule sur la pente douce descendante, sûre de mes chaussures, et je peux reprendre quelques traileurs plus empruntés.

Nous gravissons le dernier « mur » au 9ème kilomètre, toujours glissant, les pieds en canard pour ma part ! Je me croque la cheville sur une bosse en tentant de relancer, et lâche un « aïe » sonore de surprise. Aucun de mes poursuivants ne s’enquerra de ma forme. J’ai beau avoir pris le départ toute seule comme une grande, l’entraide entre coureurs sur les trails de montagne me manque à cet instant précis. Heureusement, aucune douleur sur le single. Je verrai demain à froid… C’est sûrement le seul moment de la course où je me régale : monotrace, certes boueux et collant, mais vraiment joueur, dans un groupe à l’allure fluide. Nous nous aidons de cordes pour descendre les passages les plus escarpés. J’aime autant m’en passer, le plastique brûle les menottes !

Au pied de la dernière colline, il reste 4km remplis de petites bosses cassantes. Par miracle le mental prend le relais et les jambes tournent toutes seules. Comme au départ, la montée des marches est un supplice, mais j’ai une concurrente en ligne de mire depuis un moment et je ne veux pas la lâcher. Elle mollira juste après les escaliers. Je la double, mais je trouve illico un nouveau lièvre que je croquerai également sur le dernier kilomètre après le pont. Je me permets même les encouragements d’usage : « Allez, on ne craque pas ! » à un groupe de marcheurs. Ils sont dits sans arrière-pensée à ce moment-là, mais qu’ils doivent être mordants à l’oreille lorsque l’on est occis !

Villemur chateau

J’entends enfin un organisateur : « Allez, bravo Madame, plus que 500m ! » Règle numéro 1 : ne jamais croire un bénévole précisant une distance en fin de parcours ! Force est de constater qu’il est honnête car j’entends de plus en plus audiblement le speaker. Je regroupe ma foulée, j’accélère la cadence. Je suis deux jeunes hommes que je dépasse. L’un des deux me suit : j’accélère. Deuxième effet Kiss Cool : il accélère. Je finirai au sprint sur les deux derniers hectomètres, et lui taperai dans la main : merci pour le coup de pression !

Je termine avec les forces en présence, c’est-à-dire au mental, en 1h46, 360è sur plus de 607 inscrits (581 classés), 12ème senior féminine sur 44 et 26ème féminine sur 115. Juste derrière la favorite, qui s’est perdue et a fait un petit détour de 5km… Ralentie par endroits, je n’aurais pas mieux fait seule car l’effet de groupe m’a souvent poussée à quitter ma zone de confort. Objectif atteint donc.

Les bénévoles sont bien rodés, charmants. Les habitants sont nombreux à encourager les coureurs un peu partout dans les rues. Le parcours, bien que très roulant, n’est pas du tout monotone, entre ville et campagne, encore moins avec la boue de ce début d’année. Mon altimètre barométrique totalise tout de même presque 400m de dénivelé pour 15,5km. Le bouillon de soupe offert m’a refaite, et j’imagine que le vin chaud a dû faire son petit effet ! Le groupe pop-rock dans le gymnase était une excellente idée. Bref, une belle quatrième édition, pas déçue d’être venue souffrir sur mon « cross » de l’année ! Une bonne prépa pour les Citadelles. Mais j’ai hâte de retrouver mes montagnes… Et dire qu’il faudra courir 5 fois plus de kilomètres et plus de 12 fois le D+/D- dans 6 mois !

IMG_20180113_210715
Comme aux soins intensifs !

 

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