Marató Cap de Creus – 44km +2450m

Envahissement de la Costa Brava par une horde de Commingeois assoiffés de mer et de vent, avides de cailloux et de tapas… Roses, terminus, deux jours d’arrêt…

A quelques jours du premier marathon de 2019, mes capacités cardio-respiratoires me paraissent toujours aussi limitées malgré une préparation hivernale tonique. Je ne me relève pas d’un banal mais méchant virus venu me faucher trois semaines plus tôt. Si début mars, je suis animée de quelque prétention de performance, à deux jours du départ, je vise juste la place de « finisher » dans le temps imparti de 8h. J’espère ne pas trop subir afin de profiter de ce tour du parc national du Cap de Creus. Pourtant, j’attends ce weekend catalan entre copains avec impatience. Le casting est plus que prometteur. Reste à interpréter le scénario au plus juste.

Nous arrivons par grappes à Roses le samedi après-midi. Le retrait des dossards accompli, nous nous attablons dans un bar pour l’apéro. Comme un fait exprès, nous débarquons le week-end de la Ruta de les Tapes : 83 bars/restaurants accueillant les clients avec un tapa à déguster avec un demi-verre de vin ou de bière pour 2,50€. Fabien et moi sommes très tentés d’accompagner les non-coureurs pour une nuit de fête, mais nous nous en tiendrons à un gros verre… et à une demie-côte de bœuf au resto… La casse de fibres nécessitant des protéines… Bref, la diététique est notre talon d’Achille, ou bien est-ce notre mental de chipirón ?

Nous passons tous une nuit d’avant-course comme une nuit d’avant-course. Nous nous retrouvons dans la salle de petit-déjeuner de l’hôtel. Ayant pu expérimenter les hypoglycémies en 2018, et ne sachant pas ce que le buffet offrait, j’ai apporté le mien. J’ai toutes les peines du monde à émerger, mais quand faut y aller… Une fois parés, nous trottinons jusqu’à l’arche. Pas de sensations fulgurantes mais « pas pires ». Nous retrouvons plusieurs Mourtissiens et nous nous tassons ensemble dans le sas de départ.

Celui-ci est donné sans que nous ne nous en rendions vraiment compte. Nous partons à petite foulée. Je suis Richard et Fabien de près jusqu’à un premier ralentissement, puis un second où je les perds de vue. Nous amorçons l’ascension de la première et seule grosse bosse (+700m sur 5km environ) menant au monastère de Sant Pere de Rodes. Je dégaine mes perches et grimpe énergiquement sans me mettre dans le rouge. J’entends deux Français parler de mon postérieur et de celui de ma poursuivante, je prends sur moi pour ne pas moufter et barbouiller leur museau de leur beaufitude. De toute façon je les distance au premier col.

cap de creus vue

La vue panoramique à 360° est sublime, je ne peux résister à prendre une photo malgré l’épée de Damoclès que constitue la première barrière horaire. Je râle car certains marchent tranquillement alors que la sente est « courable », mais il m’est difficile de doubler. Nous passons par les crêtes. Nous devons poser les mains à certains endroits et sauter de rocher en rocher. Trop chouette ! Un caillou saillant me tacle la cheville. Je ne chute pas mais j’aurai un beau bleu et une belle éraflure. Je m’arrête au premier ravito au 10è km pour remplir mes flasques. Pas de pointeuse, alors que la BH était censée être matérialisée ici. Un peu déconcertée, je ne traîne pas.

cap de creus chateau

La descente qui suit est piégeuse, caillouteuse, joueuse, bref, jouissive ! J’ai encore en tête les conseils de Christophe et Woody qui mettaient en garde de ne pas trop allumer ici. Mais je me régale de sautiller de caillou en caillou et je descends finalement à bon train. Les cuisses ont chauffé mais tant pis. Je badge enfin au deuxième ravito du 14/15è km. Apparemment je passe cette fichue BH, pas du tout raccord avec ce qui était annoncé. Je grignote de ça de là : banane, orange, rien de trop sucré, puis repars.

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J’accède au Port de la Selva, superbe avec cette atmosphère d’orage et le vent qui se lève.

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Les kilomètres défilent relativement vite. Mais, dans une succession de faux-plats sur une piste, vers le 22è km, panne sèche ! Gros coup de mou, je me sens vidée. Je paie peut-être la première descente ici, mais pas de regret. Je mange, je bois davantage pour me faire penser à autre chose et parer à une éventuelle hypo. C’est heureusement le moment que choisit Sophie pour me rattraper. Elle me suit dans les côtes, je la suis dans la descente menant au ravito du 27è km à Cadaquès. Nous y retrouvons la team « Rutas de las Tapas », en terrasse. Nous nous asseyons quelques minutes. Nous en profitons pour masser nos pieds très échauffés par les pierriers. Je picore dans le buffet du ravitaillement, je me laisse tenter par la tortilla, si señor !

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Nous repartons dans les rues du village. Le goudron est un supplice pour nos coussinets. Je tracte Sophie qui avoue être dans le dur. Nous tenons quand même une allure rythmée et doublons deux demoiselles. J’en entends une chanter, heureusement plutôt juste, « Ma révolution » de Jenifer. Ce devrait être interdit en public. Puis Sophie s’étant refait la cerise, elle me repasse devant. J’ai désormais une grosse gêne au niveau de l’aine gauche en flexion : c’est nouveau ça vient d’sortir !

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Nous atteignons le sommet d’une nouvelle bosse, battue par le vent, à tel point que nous sommes déportées par les bourrasques. Je relève et fronce sans cesse mes manchettes sur mes bras, la température ressentie oscillant entre 5 et 25°C sans crier gare. S’en suit une superbe zone côtière ciselée, aussi belle que cassante. C’est une succession de brèves montées et descentes sur un sentier surplombant la mer, rempli de racines et de sable. Nous traversons plusieurs plages. Je n’ai qu’une hantise : que des grains s’insèrent dans mes chaussures et mettent définitivement mes pieds à feu et à sang.

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Je fredonne intérieurement « La mer » de Trénet, mais je ne connais pas les paroles par cœur et la rengaine devient pénible. Il fait chaud, je souffre en silence. Mais Sophie continue sur sa lancée, donc je la suis. Nous faisons enfin halte au dernier ravitaillement, au 37è km. Nous nous régalons de moitiés d’oranges, succulentes.

Il nous reste une dernière bosse à gravir. Un monsieur espagnol me montre un col du menton : « Monter, monter, là-haut ». Hé oui, hauts les cœurs ! Nous sommes revivifiées de nous savoir proches de l’arrivée, et nous le laissons sur place. Je tire la langue au sommet. La descente est encore plus affreuse que les autres et accapare toute notre attention. Nous plaisantons avec Sophie : « Un beau week-end balnéo ! » Puis le chemin s’élargit et s’aplanit. Nous entendons le speaker : ça sent bon ! Nos pieds fument mais nous courons et passons l’arche ensemble après 7h41 d’efforts. Une seconde moitié de course en bonne compagnie de Sophie qui termine ici sa plus longue course. Bravo !

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Nous rejoignons notre petite équipée commingeoise. Tout le monde est satisfait, sauf François qui tentait là sa première distance marathon et n’a pas passé la BH du 27è km, bien qu’en bonne forme. Une revanche à prendre. Nous nous accordons sur le fait que c’était une très belle course, au parcours varié, cassant, technique, aux BH serrées (et aux ravitos mal fournis pour le tarif d’engagement). Et que dire des claques visuelles tout au long de ce tour ? ¡Brutal! comme diraient les autochtones. Un super weekend entre copains. La prochaine fois nous courrons le samedi pour faire la bringue le soir et le dimanche…

De prime abord un peu déçue de ma prestation, je réalise que cela représente tout de même une petite progression par rapport à 2018. En considérant la technicité du terrain ainsi que ma baisse de forme fin mars, je me dis que je peux espérer mieux en allongeant les distances à l’entraînement (seulement deux sorties de plus de 20km effectuées ces trois derniers mois, malgré un bornage et un dénivelé totaux corrects). Il faut que je soigne un peu plus mon alimentation entre les ravitaillements également, j’ai l’impression de m’être affolée pendant la course.  Les indices glycémiques bas, au quotidien et en course, semblent me réussir. La gêne au niveau de l’aine disparaîtra au bout de 24h au moyen de quelques étirements du psoas et des adducteurs. En route, ou plutôt en chemin pour la prépa « spécifique » pour l’UTPMA !

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